Entre 1922 et 1934, la Jamaïque est en proie à une crise économique dont elle ne se remettra jamais vraiment ;
les premiers à en faire les frais sont bien évidemment les noirs, dont la plupart sont les descendants des esclaves importés d'Afrique presque quatre siècles auparavant.
Dans ce système colonial sous contrôle de l'Empire britannique, les noirs sont victimes du racisme, de la pauvreté et des persécutions.
Pour eux, la dignité est un luxe et l'argent, une chimère...
Mais, un homme guère plus lettré et instruit que les autres se distingue pourtant, par sa détermination, son engagement et son charisme.
Il s'agit de Marcus Mosiah Garvey.
Tout d'abord leader syndical, puis éditeur de son propre journal exclusivement réservé au noirs, pour favoriser l'information et l'alphabétisation de ses compatriotes,
il se montrera par la suite formidable orateur.
Il fonde l'U.N.I.A, mouvement pour le progrès du peuple noir, sorte de contre pouvoir, qui par ses meetings
où il diffuse une propagande pro-africaine et prêche le faire-valoir des droits des jamaïquains
dans une société dont le système est entièrement sous contrôle des colons.
Ainsi, il a pu rassembler une centaine de milliers d'hommes et de femmes, convaincus de la légitimité de ses idées politiques.
En Amérique du Nord ( essentiellement aux Etats-Unis ), où sont regroupés le plus grand nombre de ses militants,
Garvey fonde la Black Star Line ( clin d'oeil à la White Star Line, compagnie de transport maritime britannique ayant affrété le célèbre Paquebot TITANIC? ),
compagnie de transport maritime, avec laquelle il espère mener à bien son grand projet :
Organiser le retour de son peuple en Afrique, leur terre d"origine. Il rencontre les dirigeants du Ku Klux Klan avec lesquels il négocie cette affaire.
Marcus Garvey est le précurseur des leaders noirs américains comme Martin Luther King et Malcom X et comme eux,
il a été victime tout au long de sa vie de la haine et de l'incompréhension.
Jugé puis condamné pour fraude fiscale, il est emprisonné aux Etats-Unis.
Une fois libéré, il retourne en Jamaïque, où il continue son activité militante.
Et, lors d'un de ses nombreux meetings, il lance une phrase qui restera célèbre et qui le fera considérer comme un prophète :
"Regardez vers l'Afrique, où un roi noir va être couronné, car le jour de la délivrance est proche".
Quelques temps plus tard, il s'exile en Angleterre où il mourra d'une pneumonie sans avoir vu une seule fois l'Afrique.